Ventes de vinyles en France : +5,8 % au 1er semestre 2026, le CD chute

Les ventes de vinyles ont progressé de 5,8 % en France au 1er semestre 2026, confirmant leur place de premier support physique en valeur, selon le SNEP.

Façade rouge du disquaire Analog Collector à Paris, avec ses affiches vinyles et disques d'occasion
Photo: Martin Pulaski / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Le marché français de la musique enregistrée a progressé de 3,5 % au premier semestre 2026, pour atteindre 449 millions d'euros, selon le bilan semestriel publié le 8 septembre 2026 par le SNEP, le syndicat qui représente les producteurs de musique en France. Les ventes de vinyles ont augmenté de 5,8 % sur la même période et le format conserve sa place de premier support physique en valeur, tandis que les ventes de CD reculent de 14,4 %.

Le marché physique dans son ensemble s'est malgré tout contracté de 3,4 % au premier semestre, la chute du CD pesant plus lourd que la progression du vinyle. Les abonnements en streaming restent le principal moteur du marché : +7,5 %, à 291,5 millions d'euros, soit 65 % du chiffre d'affaires total.

Le marché français au premier semestre 2026

Les chiffres du SNEP portent sur le chiffre d'affaires hors taxes de janvier à juin 2026, comparé à la même période de 2025 :

SegmentÉvolution, 1er semestre 2026 vs 2025
Marché total de la musique enregistrée+3,5 % (449 M€)
Abonnements streaming+7,5 % (291,5 M€, 65 % du chiffre d'affaires)
Marché physique, tous supports−3,4 %
Vinyle+5,8 %
CD−14,4 %

Le chiffre d'affaires numérique global progresse de 5,2 %, une hausse que le SNEP attribue en partie au ralentissement des revenus publicitaires sur les plateformes vidéo plutôt qu'à un essoufflement des abonnements, qui continuent de croître plus vite que la moyenne du marché.

Le vinyle confirmé comme premier support physique en valeur

La formule du SNEP ne laisse guère de place au doute : le vinyle « confirme son statut de premier support physique en valeur » en France. Il s'agit d'une déclaration officielle de l'organisme qui mesure le marché, non d'une interprétation journalistique, et elle prolonge une tendance à l'œuvre depuis plusieurs années : le chiffre d'affaires du CD recule plus vite que celui du vinyle ne progresse, si bien que l'écart entre les deux, en valeur, continue de se creuser.

Le retour du vinyle en tête du marché physique français ne s'est pas fait du jour au lendemain, et ces chiffres semestriels ne montrent aucun signe de ralentissement.

Ce constat prolonge le bilan 2025 du SNEP, publié le 18 mars 2026, qui évaluait le chiffre d'affaires du vinyle à environ 113 millions d'euros, en hausse d'environ 15 % sur 2024, dans un marché physique de 205 millions d'euros qui connaissait sa meilleure année depuis 25 ans, hors rebond post-Covid. Le SNEP indiquait alors que l'avance du vinyle sur le CD en valeur « continue de se creuser » — une dynamique que confirment les chiffres du premier semestre 2026.

La France face à l'Espagne et à l'Allemagne

La progression du vinyle ne se limite pas à la France. Deux autres marchés suivis par Sleevewise sur la même période affichent la même tendance, à des rythmes et depuis des points de départ différents :

MarchéCroissance du vinyle, 1er semestre 2026Position du vinyleSource
France+5,8 %Premier support physique en valeurSNEP
Espagne+27,7 %73 % des ventes physiquesPromusicae
Allemagne+9,8 %47,8 % du marché physiqueBVMI

À faire dans l’appli :Sleevewise · Cote

La croissance française est la plus modeste des trois, mais la France est aussi le seul des trois marchés où le vinyle devance déjà l'ensemble du physique en valeur, CD compris — l'Espagne et l'Allemagne n'en sont pas encore là.

Ce que cette croissance change pour les collectionneurs et les disquaires

Un support qui continue de progresser, sur un marché où le CD recule vite, donne aux disquaires et aux stands d'occasion toutes les raisons de continuer à élargir les bacs consacrés au vinyle, neuf comme d'occasion, et à multiplier les rééditions. Pour un collectionneur, cela signifie aussi davantage de choix entre pressages d'un même titre, donc davantage de raisons de vérifier précisément quelle édition on a entre les mains avant d'acheter ou de revendre.

Sleevewise référence chaque disque à partir de sa fiche Discogs, permet de noter le support et la pochette selon l'échelle Goldmine, et suit la valeur d'une collection à partir des annonces du Marketplace Discogs, pour qu'une collection qui grossit reste facile à estimer et à organiser.

Questions fréquentes

01Le vinyle est-il plus important que le CD en France ?

En valeur, oui. Le bilan du premier semestre 2026 du SNEP présente le vinyle comme le premier support physique en France, tandis que le chiffre d'affaires du CD a reculé de 14,4 % sur la même période. Le SNEP ne détaille pas cette comparaison en volume.

02Quelle est la taille du marché du vinyle en France ?

Le SNEP évaluait le chiffre d'affaires du vinyle à environ 113 millions d'euros pour l'année 2025 complète, en hausse d'environ 15 % sur 2024, et annonce une nouvelle progression de 5,8 % pour le premier semestre 2026.

03Pourquoi le marché physique français recule-t-il si le vinyle progresse ?

Le chiffre d'affaires du CD a chuté de 14,4 % au premier semestre 2026, un repli plus marqué en valeur que la hausse de 5,8 % du vinyle, si bien que le recul du CD l'emporte sur la progression du vinyle et que le marché physique global cède 3,4 %.

Suivre la valeur d'une collection qui s'agrandit

Rien de tout cela ne change la manière d'évaluer un disque en particulier — cela reste affaire de pressage précis, d'état et de ce que les acheteurs paient réellement. Mais sur un marché où le vinyle continue de prendre des parts au CD, en France comme ailleurs, mieux vaut suivre régulièrement la valeur de ses disques et la valeur de sa collection plutôt que de s'y intéresser une fois de temps en temps.

Sources

marchéfrancesnepchiffres de ventes